Aslı Erdoğan • 1 | “Ceci est ton père”

Quatre articles de d’Aslı Erdoğan, ont été utilisés pour “instruire” les chefs d’accusation. Kedistan les publiera en soutien à la campagne de sensibilisation actuellement en cours. #FreeAsliErdogan !

Aslı Erdoğan, écrivaine, est détenue depuis 16 août 2016, dans la prison de Bakırköy à Istanbul et la peine de prison à vie est demandée à son encontre.

Il est toujours périlleux de traduire de tels textes en urgence, et la langue d’Aslı, son écriture, en en traversant une autre, peut y perdre, comme dans un filet, quelques étoiles…

Ceci est ton père

Je continue la compilation d’extraits des articles de presse, des témoignages, des déclarations des familles, des communiqués des autorités et les graffitis…

“Alors que le couvre-feu arrive à son 96ème jour dans le quartier Sur de Diyarbakır, la commune a été bombardée par des tirs de char, non stop…. 44 personnes qui ont voulu quitter la commune en début de semaine, dont 19 enfants -un bébé nommé Elif Su- sont encore en garde-à-vue… A Idil, le couvre-feu est entré dans son 19ème jour… (6 mars)

“Les forces spéciales ayant installé leur quartier général à Yüksekova, ont partagé sur les réseaux sociaux, ce qu’elles avaient écrit sur les tableaux des écoles : “Nous sommes venus pour montrer des beaux jours”…”L’ezan [l’appel à la prière] ne cessera pas, le drapeau ne se baissera pas”, “Conquête 2016 Mars” (6 Mars)

“Suite aux attaques effectuées avec des armes lourdes, chars et canons, à Cizre, commune de Şırnak, 1200 maisons sont lourdement endommagées.”

“Le fait que des dizaines de personnes blessées dans des sous-sols aient été brûlées, et que la majorité soit enterrée sans avoir été identifiée, dans les fosses communes…. Environ 300 vies de perdues, dont celles des enfants, bébés et personnes âgées… Le fait qu’il y ait des corps sous les décombres, que des morceaux de corps en sortent, qu’il y ait des corps démembrés,séparés en deux, jambes arrachées, tête retirée…”

“Où est l’humanité ?” (M. Duymak en liaison directe sur la télé, depuis un sous-sol)

“Ils m’ont donné un sac d’os, ils m’ont dit, ceci est ton mari.” (L’épouse de M.Duymak)

“Le fait que, des cadavres de chat, de chien soient accrochés aux arbres comme avertissement, que des slogans racistes et sexistes soient écrits sur des lingeries de femmes…” “La ‘chatte’ a touché la dent du loup, ayez peur”. [Rime avec des graffitis “le sang a touche la dent du loup, tremblez”], “Les filles, nous sommes venus, nous sommes entrés dans votre tanière”.

“Ma grande soeur a été massacrée, brûlée. Son corps est carbonisé. En étant immolées, avec son amie Sakine, elles se sont enlacées. Leur corps se sont fusionnés. Impossible de les séparer.”

“L’herbe verte brûle avec l’herbe sèche.” [proverbe turc] “Nous avons démontré la puissance de l’État, nous allons maintenant montrer sa compassion.” [graffitis]

“Dans les sous-sol, l’odeur de graisse humaine est fixée, il est évident qu’ils les ont brûlés vivants.”

“Le fait qu’une famille ne puisse pas atteindre la cérémonie funéraire de ses enfant, est du jamais vu. Il nous reste 200m pour nos funérailles, nous ne partirons pas sans les faire.”

“Le 11 décembre, je suis entré à Sur pour récupérer de la ferraille. Quand le couvre-feu a commencé, je suis resté 79 jours… Huit, neuf enfants, nous étions dans le même sous-sol. Un d’eux a écrit son nom avec du fil de cuivre et l’a accroché à son cou… Un enfant a pris dans la tête une balle de lance grenade. J’ai attendu à sa tête pendant deux heures. Ensuite, il est mort.” (Ş. D, 15 ans)

“Je n’arrive pas à prendre sa dépouille depuis deux mois. Mon fils était handicapé de la main, il s’était fait attraper par une machine. Il était grand.”

“Ils disent qu’une dépouille sort. Nous nous disons que c’est peut être lui/elle, nous allons à l’hôpital, et nous revenons. Les gens s’attristent quand les dépouilles arrivent, nous, nous sommes heureux de les trouver…” “Mon fils a été massacré dans la rue où il est né, et a grandi. Avec quelles souffrances je l’ai élevé, dans quelle pauvreté… Il est parti, nous ne l’avons pas encore trouvé. Personne n’a trouvé personne…” “Ma fille était à la dernière année du lycée. Il y a [juste] une barricade entre ma fille et moi, qu’ils l’enlèvent, que j’aille la chercher. Même si c’est juste un os…”

“Ils nous ont prévenus, ils avaient brûlé 60 personnes. Nous n’avons pas pu le croire pendant un moment. Ensuite, nous y sommes allés, et avons regardé. Cinq kilos d’os et de chair, on ne comprends pas. Ils ont dit, ceci est ton père.”

“Happy end au sous-sol” [Graffiti]

Pour accéder aux quatre articles, et davantage, cliquez sur ce dossier . By Kedistan

German writer Nina George to jailed novelist Aslı Erdoğan: Thousands of people in Germany stand by your side

“Freedom of expression is in acute danger in Turkey, but it’s not only there. All over the globe there are tendencies against freedom of words, freedom of opinion, freedom of religion; against gender, against sexual orientation. The destroyers and opinion-leaders have many names: Vladimir Putin, Donald Trump, Recep Tayyip Erdoğan,” said a letter penned by Nina George, a German author and activist for authors’ rights.

http://www.turkeypurge.com/german-writer-nina-george-to-jailed-novelist-asli-erdogan-thousands-of-people-in-germany-stand-by-your-side

Offener Brief an Aslı Erdoğan von PEN-Beirätin Nina George

Liebe Aslı,

in Gedanken bin ich jeden Tag bei dir – jeden Tag, seitdem du zu Unrecht in den „Friedhof der Lebenden“, in das Frauengefängnis von Bakirköy, weggeschlossen wurdest. Und ich muss zugeben: Ich weinte. Ich weinte über die Ungerechtigkeit. Über die Misshandlungen. Über die Grausamkeit. Über die Sinnlosigkeit und Absurdität.

Necmiye Alpay ve Aslı Erdoğan’a tahliye yok

İddianameleri bugün kabul edilen ve haklarında ağırlaştırılmış müebbetten dava açılan, kapatılan Özgür Gündem gazetesinin tutuklu Danışman Kurulu üyeleri Aslı Erdoğan ve Necmiye Alpay hakkında “devletin birliğini bozma” suçlamasından tahliye, “örgüt üyeliği” suçlamasından ise ‘tutukluluğa devam’ kararı verildi. Aslı Erdoğan’ın avukatı kararı ‘hukuki cinayet’ olarak nitelerken, “Tutuklama gerekçesi olan tüm suçlamalardan tahliye verilmeliydi” değerlendirmesinde bulundu.

Kapatılan Özgür Gündem Gazetesi’nin 9 yöneticisi ve yazarı hakkında hazırlanan iddianamenin kabul edilmesinin ardından gazetenin tutuklu Danışman Kurulu üyeleri yazar Aslı Erdoğan ve dilbilimci Necmiye Alpay tahliye kararı verildi.

Ancak, Erdoğan ve Alpay için “Devletin birliği ve ülke bütünlüğünü bozma” suçlamasından yeterli delil bulunmadığı gerekçesiyle tahliye kararı verilmesine rağmen “Terör örgütü üyeliği” suçlamasından ‘tutukluluk hallerinin devamına’ kararı verildi.

Aslı Erdoğan ve Necmiye Alpay cezaevinden çıkamayacak.

“Tüm suçlamalardan tahliye verilmeliydi”

Mahkeme kararının ardından Cumhuriyet’e konuşan Aslı Erdoğan’ın avukatı Erdal Doğan, mahkemenin “Devletin birliği ve ülke bütünlüğünü bozma” suçlamasından tahliye kararı verdiğini, “örgüt üyeliği” suçlamasından ise tutuklulukların devamına karar verdiğini aktardı, şunları söyledi:

‘Hukuki cinayet’ dediğimiz bu sürece yeni bir cinayet daha eklenmiş. Soruşturmanın kendisi hukuki cinayet silsilesiydi. Tutuklama gerekçesi olan tüm suçlamalardan tahliye verilmeliydi.

Erdoğan 19 Ağustos’ta, Alpay ise 31 Ağustos’ta “örgüt üyeliği” iddiasıyla tutuklanmıştı.

Özgür Gündem davası kapsamında gazetenin Yayın Danışma Kurulu üyesi Aslı Erdoğan ve Necmiye Alpay ile gazetenin Genel Yayın Yönetmeni Zana Kaya ve Yazı İşleri Müdürü İnan Kızılkaya tutuklu yargılanırken, 5 kişi hakkında da yakalama kararı bulunuyor.

Hazırlanan ve bugün kabul edilen iddianamede Necmiye Alpay ve Aslı Erdoğan hakkında müebbet isteniyor.

İddianame

Kapatılan Özgür Gündem Gazetesi’nin 9 yöneticisi ve yazarı hakkında İstanbul Cumhuriyet Başsavcılığı Basın Suçları Bürosu Cumhuriyet Savcısı Umut Tepe tarafından hazırlanan iddianame yeni kurulan İstanbul 23. Ağır Ceza Mahkemesi’ne gönderilmişti.

İddianame mahkeme tarafından kabul edildi, ilk duruşma 29 Aralık’ta görülecek.

Kabul edilen iddianamede aralarında soruşturma kapsamında tutuklu bulunan gazetenin Yayın Yönetmeni olan Bilir Kaya ve Sorumlu Yazı İşleri Müdürü İnal Kızılkaya ile Yayın Danışma Kurulu üyeleri Aslı Erdoğan ve Necmiye Alpay ile Eren Keskin’in de bulunduğu 9 gazeteci “devletin birliğini ve ülke bütünlüğünü bozma”, “suç işlemek amacıyla kurulan örgüte üye olmak” ve “örgüt propagandası” iddialarıyla suçlanıyor.

İddianamede Özgür Gündem Gazetesi ise “örgüt yayını” olarak nitelendiriliyor. By Gazete Karınca

Fausse libération pour Aslı Erdoğan et Necmiye Alpay

Aslı Erdoğan et Necmiye Alpay sont en prison, avec d’autres collaborateurs/trices du journal Özgür Gündem, depuis août 2016, mois de la fermeture et du démantèlement du journal, après perquisitions et saccages. Cette situation d’attaques durait déjà depuis juin.

Rappelons qu’un procureur, au titre de plusieurs articles de la loi dite “anti—terroriste”, réclamait la perpétuité alourdie (prison à vie) à leur encontre.
Cette loi, votée au Parlement turc, fonctionne de façon continue sous l’état d’urgence, voté lui aussi par la grande majorité du Parlement et accepté par l’opposition dite laïque, HDP exclu (leurs députés, élus, responsables et soutiens en subissent les conséquences directes) dans le cadre d’une “unité nationale pour la défense de la démocratie” après le putsch manqué de juillet.

Les applications de ces lois et de ces mesures d’urgence, s’il était encore besoin de démontrer leur caractère inique, viennent aujourd’hui de créer une situation de confusion, concernant une étape de procédure, dans l’instruction du dossier concernant l’équipe d’Özgür Gündem (ainsi qu’Aslı Erdoğan et Necmiye Alpay, liées dans cette “affaire”).
En effet, aujourd’hui 23 novembre, après que des juges aient oralement communiqué les attendus sur les chefs d’accusation, (comme la procédure le demandait après la proposition de peine de prison à vie du procureur), une agence de presse présente, a annoncé la libération, certains chefs d’accusation ayant été abandonnés.

La logique juridique eut en effet voulu qu’un prononcé de libération sur un des chefs d’accusation “atteinte à l’intégrité de l’Etat”, (selon article 302), puisse autoriser une libération en attente du procès pour les accusations restantes (intelligence avec groupe terroriste, art.314). Les “juges” sous influence n’ont visiblement pas interprété la loi avec bienveillance et en ont décidé autrement.

Ce soir, les soutiens nombreux réunis devant la prison à Istanbul, ne le seront pas pour une « libération », mais bien pour une manifestation de protestation de plus.

En Europe, la nouvelle de la « libération » s’était répandue comme traînée de poudre.

Et on peut s’étonner qu’une “libération” de personnes, dont si peu avaient annoncé l’incarcération avant, fasse l’objet d’une telle réaction inverse. Seules les rédactions liées aux magazines culturels et littéraire avaient clairement et de façon « engagée » relayé les appels auparavant. Nous attendons les démentis et, nous l’espérons, cette fois, une mobilisation et une information plus conséquentes sur la réalité de ces arrestations, emprisonnements, demandes de peines de prison à vie, qui concernent des milliers de prisonnierEs politiques en Turquie.

Cette “fausse joie”, n’en doutons pas, le gouvernement AKP va en tirer les fruits, puisqu’on a là une “fausse information”, même involontaire, volontairement distribuée ensuite en copiés collés, sans que ses propres médias n’aient eu à le faire.

Pour être plus positifs, nous dirons que “pendant le pataques”, la mobilisation continue pourtant plus que jamais.

Elle se poursuit et se renforce d’abord en Turquie même. Les mouvements et collectifs de soutiens trans—nationaux ont aujourd’hui aussi franchi un cap dans les liens qu’ils entretenaient avec la mobilisation sur place, du fait même de cette “fausse nouvelle”, et des contacts tissés pour la démentir. (nous en avons nous même été victimes). C’est un effet inattendu. Désormais, une mobilisation épaulera davantage l’autre.

Des initiatives trans—nationales très nombreuses étaient déjà prévues, et n’en serons que plus urgentes, par des “collectifs” très divers qui agissent pour mobiliser, informer, convaincre. Après l’Allemagne, des écrivainEs, éditeurs, amiEs, se sont regroupés pour des initiatives que nous vous annoncerons au fur et à mesure. Nous croyons savoir qu’en Belgique, en Suisse… et ailleurs, des amiEs d’Aslı ce mouvement.

Les “lectures”, hommages, publication d’extraits…. et démarches concrètes vont se poursuivre et s’intensifier. Elles se coordonneront sans doute davantage, pour devenir “visibles”…

Ici, ce soutien peut être ret sur les réseaux sociaux pour le moment, via cette adresse. Vous y trouverez toutes les informations. Nous les mettrons pour les plus importantes, régulièrement dans la rubrique “soutiens” et l’agenda du site. Nous avions pris un engagement, jusqu’à la libération des premierEs prisonnierEs politiques : faire tout notre possible pour relayer cette campagne, comme toutes les autres, et nous y inclure, en quittant le clavier…

Pour notre part, nous publierons à partir de demain des traductions des articles de presse d’Aslı Erdoğan que nous avons traduit récemment, et qui éclairent à la fois l’engagement d’Aslı et de toutEs les autres, et nous incitons tous les “supports d’information” à le faire également.

La première semaine de décembre sera une réponse à cette “douche froide”, infligée aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui militent pour la libération de tous les prisonnierEs politiques en Turquie, pour toutes celles et tous ceux mobilisés. Rejoignez donc ce sursaut qui se fait jour.

Et pour conclure sur une bonne nouvelle, vérifiée celle—là, Şermin Soydan, journaliste de DIHA, a, elle, été libérée sous contrôle. La prochaine audience sera pour elle le 13 janvier 2017.

Une dernière remarque, et de taille : le gouvernement AKP a bâti et révisé sa loi “anti—terroriste” autour d’une mise en accusation bien sûr liée au PKK, qualifié également de “diviseur de la Nation turque”, et incriminé comme portant atteinte à “l’intégrité de la Turquie”, fait “terroriste” au plus haut point. Toute arrestation aujourd’hui, dont les attendus sont ceux là, et non les liens avec “l’organisation parallèle FETÖ”, utilisent cet article de loi, dont l’Etat turc use et abuse, surtout sous état d’urgence. Le gouvernement AKP ne peut donc que se réjouir du maintien international du PKK sur les listes officielles des organisations qualifiées de “terroristes”. Ce maintien devient de plus en plus une complicité tacite avec la répression qui sévit en Turquie.

Quand on constate les attendus récents d’un tribunal belge, disant explicitement qu’on ne peut qualifier juridiquement de “terroriste” une organisation politique qui a pris les armes dans le cadre d’un conflit armé pour se défendre, on se questionne totalement sur la viabilité de cette liste, et son caractère de “compromis” politique avec Erdogan.

Il est plus que temps que toute la presse native, et au delà les journalistes de médias, se joignent à ce combat pour la défense des contre pouvoirs, la liberté d’expression, et la libération de toutes les personnes incriminées pour avoir dit, écrit, soutenu les vérités à ne pas révéler sur la nature du régime en Turquie.

Ajout du 24 novembre : Necmiye Alpay devait avoir communication d’un autre rendu de justice, concernant son “rôle” comme rédactrice en chef d’Özgür Gündem, qu’elle fut un moment, lorsque des journalistes et intellectuels avaient décidés par soutien, de l’être à tour de rôle. Un report au 14 février a été décidé. Voir article (en cours de rédaction). By Kedistan